AUDIENCES PUBLIQUES SUR LE LOGICIEL ANTIPORNOGRAPHIQUE CHINOIS?
(SIPA)
vendredi 12 juin 2009 | Publié 08:49
Un avocat chinois a saisi le gouvernement, demandant l'ouverture d'auditions publiques sur sa décision de doter tous les ordinateurs vendus en Chine d'un logiciel antipornographie, a annoncé vendredi 12 juin une organisation de défense des droits de l'Homme.
La lutte pour la liberté d'expression prend parfois des formes insolites. Alors que la Chine a exigé des fabricants que chaque ordinateur individuel vendu dans le pays soit bientôt équipé du programme antipornographique "barrage vert d'escorte de la jeunesse", Li Fangping, un avocat de Pékin, a adressé une requête jeudi 11 juin au ministre de l'Industrie et de la Technologie de l'information, Li Yizhong, pour demander l'ouverture d'auditions publiques, selon l'organisation Human Rights in China.
Engagé dans la défense des droits de l'Homme, Li Fangping met en doute la légalité de la décision, citant une directive officielle d'octobre 2008 demandant à toutes les agences gouvernementales d'organiser des consultations lors de l'examen de questions "qui concernent les grands intérêts publics ou les intérêts vitaux du peuple", explique Human Rights in China dans un communiqué.
L'avocat a aussi demandé des informations sur le financement du logiciel, l'impartialité du processus d'appel d'offres et "comment le logiciel affecterait la protection de la vie privée et la sécurité de l'information", ajoute l'organisation.
La Chine qui compte près de 300 millions d'internautes a exigé des fabricants que chaque ordinateur individuel vendu dans le pays à partir du 1er juillet soit équipé du programme baptisé "barrage vert d'escorte de la jeunesse". Selon l'un de ses concepteurs, Bryan Zhang, PDG de Jinhui Computer System Engineering, les acheteurs de nouveaux ordinateurs seront cependant libres d'installer ou non le logiciel qui leur sera fourni.
Protéger la jeunesse
Le gouvernement a expliqué mardi 9 juin que la mesure visait à protéger la jeunesse en bloquant les sites "pas sains, pornographiques ou violents". Mais une organisation américaine Computer and Communications Industry Association (CCIA) a dénoncé "une escalade dans la tentative de limiter l'accès à l'internet et la liberté". Les analystes pour leur part en évaluent mal la portée, les directives officielles manquant de clarté ou même étant contradictoires.