LE BRAS DE FER SACEM - YOUTUBE CONTINUE
Le bras de fer Sacem-YouTube continue
(MAXPPP)
En avril dernier, la Sacem avait lancé un ultimatum de deux mois à YouTube sur le droit d'auteur. Deux mois et demi plus tard, les négociations sont toujours en cours.
La Sacem n'a pas mis sa menace à exécution. La Société de gestion des droits d'auteur est toujours en négociations avec la plateforme d'hébergement de vidéos en ligne YouTube. Dans une interview accordée à E24 le 2 avril, Catherine Kerr-Vignale, membre du directoire, avait pourtant menacé la filiale de Google de suspendre les discussions si aucun accord n'était trouvé dans les deux mois. Elle envisageait alors de "prendre des mesures sévères" et de "ne pas les laisser poursuivre la diffusion" des œuvres.
L'échéance est passée, et "les négociations se poursuivent car elles sont très complexes", a déclaré Catherine Kerr-Vignale en marge de la présentation du rapport d'activité 2008 de la Sacem. La Société réclame un pourcentage des recettes totales du site. Mais, outre le fait que YouTube joue sur les subtilités du droit d'auteur en Europe, la Sacem doit signer un contrat qui satisfasse à la fois son directoire et Universal Music (premier éditeur de musique au monde), dont elle administre les droits dans l'Union européenne.
Rapport de force
"Pour l'instant, YouTube propose quelque chose de trop bas", a expliqué Catherine Kerr-Vignale. Pourquoi la Sacem n'a-t-elle pas mis ses menaces à exécution? Le rapport de force avec la première plateforme de diffusion de vidéo en ligne n'est pas forcément à son avantage. De nombreux ayant-droits profitent en effet de YouTube pour y faire la promotion de leurs œuvres et ne veulent pas voir leur contenu retiré du site, comme ne manque pas de le rappeler la filiale de Google.
L'exemple de PRS for Music, l'équivalent de la Sacem au Royaume-Uni, n'incite pas non plus à employer la manière forte. La société de prélèvement de droits d'auteur a dans un premier temps suspendu les négociations. YouTube en a tiré les conséquences en retirant les contenus litigieux en mars. Finalement, PRS est revenu vers YouTube début juin avec une offre bien inférieure à la première (0,00098 euros contre 0,0025 euros demandé précédemment). La société de droits d'auteur doit se mordre les doigts d'avoir voulu jouer au plus fort…
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